Quelques notions d’acoustique

pour retrouver le calme (et travailler mieux)

Voici quelques notions clefs pour comprendre comment améliorer le confort de vos oreilles au quotidien.

Travailler dans un espace bruyant, c’est-à- dire avec un niveau sonore moyen constamment supérieur à 45 décibels (dB), soit le bruit d’un lave-linge haut de gamme, c’est se fatiguer inutilement, physiquement et psychologiquement. A l’inverse, de multiples études scientifiques montrent que dans un environnement sonore bien conçu, les élèves apprennent plus efficacement, les patients guérissent plus vite et les professionnels travaillent mieux.

Quelles sont les différentes sources de nuisances sonores ?

Pour traiter efficacement les problèmes de bruit, il est essentiel de cibler leur source. Les principales nuisances sonores sont souvent liées à une trop forte densité d’activités pour un espace donné : que ce soit les bruits venant de l’extérieur d’un local (trafic routier, travaux…), ceux transmis par la structure du bâtiment (impact des pas, vibrations…), ou ceux produits à l’intérieur d’un espace (conversations, téléphones, équipements…).

Il n’est pas rare que les trois problématiques soient combinées, notamment au bureau où les open-spaces mal conçus sont malheureusement la norme plutôt que l’exception.

 

Comment distinguer les enjeux d’isolement acoustique des enjeux de correction acoustique ?

Pour comprendre comment traiter les problèmes de bruit, il faut avant tout distinguer les différents types de nuisances sonores. Les bruits venant de l’extérieur et les bruits d’impact nécessitent le plus souvent un traitement d’isolement acoustique. En revanche, le bruit généré à l’intérieur d’un espace, notamment par ses occupants, relève en général d’un traitement de correction acoustique.

  • L’isolement acoustique consiste à empêcher les bruits de passer d’un espace à un autre, en luttant notamment contre les fuites acoustiques. Un peu comme l’eau, les sons traversent toutes les surfaces perméables : les portes ou fenêtres non jointives, les cloisons mal fixées… Ils sont aussi conduits par des éléments de structure : poutres, planchers, tuyaux. Les solutions pour atténuer voire éliminer les bruits varient suivant les cas de figure. Elles vont d’un simple changement de fenêtre, à une isolation complète de la façade ou des planchers, ce qui représente évidemment un investissement important.
  • La correction acoustique permet, elle, de traiter principalement deux types de problèmes : la résonnance des sons (c’est-à-dire la sensation d’écho dans une pièce) et les problèmes d’intelligibilité de la parole (c’est-à-dire la qualité d’écoute et de compréhension d’un échange dans une pièce.).

Les deux principaux indicateurs en la matière sont le temps de réverbération et la décroissance spatiale.

  • Le temps de réverbération (Tr) d’une pièce, c’est le temps qu’il faut pour qu’un son disparaisse. Il se mesure en secondes. Une pièce confortable est une pièce qui a suffisamment de surfaces absorbantes pour atténuer les sons : son temps de réverbération est court. A l’inverse, une pièce où il y a beaucoup de surfaces lisses et dures (vitres, miroirs, carrelage, béton, pierre ou bois…) a un temps de réverbération long. Le bruit se réfléchit sur les surfaces dures et résonne. Pour diminuer cette réverbération, il faut ajouter des absorbeurs acoustiques que ce soit au plafond, aux murs, voire sur certains éléments de mobilier. L’enjeu est alors de bien les choisir et de bien les positionner pour pouvoir allier performance et élégance.
  • La décroissance spatiale , mesurée en décibels (dB), caractérise la diminution du bruit (notamment du bruit d’une conversation) au fur et à mesure que l’on s’éloigne de sa source. L’architecture et l’aménagement de la pièce influencent la vitesse à laquelle le son décroît.

Dans un bureau partagé, le manque de confidentialité entre postes est un problème récurrent. Or une conversation dont on comprend le sens est bien plus dérangeante qu’un bruit de fond. Pour améliorer le confort, il s’agit donc d’augmenter la décroissance spatiale, c’est-à-dire de diminuer la propagation du bruit et donc l’intelligibilité des paroles. Là les solutions sont multiples et souvent légères : il s’agit de venir positionner des barrières acoustiques stoppant et absorbant les ondes sonores au bon endroit.

 

Une bonne acoustique, c’est essentiel pour votre santé et dans la plupart des cas ce n’est pas si sorcier !